Quitter la rue bien vivant !

mardi 18 septembre 2012

Si parmi les personnes qui ont vécu à la rue, certains, beaucoup trop nombreux, meurent, nous avons recueilli quelques témoignages de personnes bien vivantes.

vos témoignages sont bienvenus

Témoignages de A.T. et Papillon Louve
Témoignage de A.T.Témoignage de Papillon Louve
©Nadal Deh (photo) JPEG - 70.8 ko
il a vécu à la rue, il en est sorti.
Témoignage d’ErvéTémoignage de Philippe
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Commentaires

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mercredi 27 juillet 2016 à 23h21, par  Luna

Bonjour Karyne 28ans , je suis une ancienne sdf juste 3ans de rue .
J’ai grandis dans une famille adoptive depuis l’âge de 3ans , une famille peut aimante , dur , et qui pour eux j’étais ( une personne handicapée ) Suite à toutes ces pressions à l’âge de 23ans je suis partis de ma campagne , le vignoble , pour vivre à Nantes de rue en rue ou en voiture et de squats en squats , avec mes ratous .
Je pense après avoir ouvert les yeux , j’ai du tomber dans certains pièges de la rue , ( Drogue , alcool , viol… ) je me suis retrouver un mois d’isolement . Une fois à la sortis j’ai continuer à vivre dans la rue et en foyer d’hébergement d’urgence et j’avais un petit job , celui que je faisais déjà auparavant ( Auxiliaire de vie ) .
Je me suis trouver un petit appart en privé 17m2 , un autre job , mais par soucis de Santee j’ai du l’ arrêter, dans lequel j’étais rentrer pour faire une formation d’aide soignante ou AMP ) maintenant tout et en standby , difficile de remonter la pente , j’ai coupé les ponts sur pas mal de choses et me retrouve seule , j’ai de la chance d’avoir un homme qui m’aime et me soutiens sans parler de psychologue à quatre pattes ( Pacha ) mon chat mon fidèle compagnon :) ,
A l’heure actuel j’ai pleins de rêve dans la tête , pleins de projets qui ne ce peut réaliser avec mes problèmes de santés .
Je suis en attente de logement sociaux ou privé .
Dans la rue j’ai peut être fait des mauvaises rencontre , mais j’ai eu des bon moments surtout dans une assos de jours , par lequel je participé à des activités, ( déssin , écriture …. )
La rue ma forger et ma permis d’avancer plus forte que jamais .

Merci , je n’avais jamais témoigner et ceci n’est pas simple . Karyne

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mardi 18 septembre 2012 à 14h31, par  Phil

Bjr je suis un ancien sdf j’ai vécu 20 ans à la rue et j’ai maintenant quitter la rue depuis 2ans grâce aux captifs la libération et aux petits frères des pauvres et je suis heureux d’être sortit de la rue car la rue est un lieu de violence et de non respect oui là rue tue c’est vrai mais la rue depersonnalise dans le sens où vous n’êtes pas plus rien et personne ne fait attention à vous y a tellement d’apriori concernant les sdf " ce sont des soulards, drogué, sentent pas bon". Tous ne sont pas alcoolique tous ne sont pas des drogués, je n’ai jamais toucher àl’alcool même en étant à la rue et j’ai pourtant…. Mais la non reconnaissance tue plus à la rue, ville oui l’indifférence tue plus ne soyez pas indifférent un petit sourire un petit regard et pourquoi pas un petit brin de cassette c’est gratuit et vous verrez les yeux des sdf s’illuminer j’en suis sur ! A bientôt philippe

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mardi 18 septembre 2012 à 12h46, par  Ervé

"Enfant" de la DDASS, j’avais réussi à me faire mon petit nid, tout seul car peu de suivi à ma sortie de foyer. J’avais un boulot, un petit appartement, pas mal d’activités en parallèle (musicien dans différents groupes ou solo, graphiste), une petite amie.
Tout a basculé quand la faucheuse est venue me la prendre. Pétage de plomb. Je suis parti. J’ai tout lâché. Tout abandonné.
Ne supportant plus tout ce qui m’entourait, je suis parti au hasard. Au bout de quelques mois je me suis exilé durant un an à Londres. La barrière de langue que je maîtrisé tout juste m’a permis de me vêtir de silence. J’enchainais les petits boulots (parfois 3 par jour). Je ne pensais plus, ne réfléchissait plus, n’envisageais rien. Je bossais, je picolais, je me défonçais et je dormais.
Je suis revenu en France, fatigué d’une année pourtant riche de rencontre.
J’avais tout à refaire.
Je suis venu sur Paris me disant "tant qu’à vivre à la rue, autant le faire dans la plus belle ville du monde".
J’ai rencontré pas mal de monde dans la rue. Je me suis rendu compte à quel point nous étions nombreux. Nombreux et parmi ces ombres, pas mal de générosité et de solidarité.
J’ai appris la manche (et en suis devenu un champion tel qu’on se bousculait pour me tenir la grappe.) J’ai très vite repris du poil de la bête en m’habituant au froid, à l’indifférence, à la saleté.
A l’époque, physiquement ça allait encore et j’ai vite bossé, Rungis dans un premier temps pour me faire pas mal de fric et pouvoir dormir à l’hôtel. Enfin hôtel, plutôt marchand de sommeil à 800 euros le mois, sans sanitaire à part un chiotte sur le palier. Ça a duré quelques temps jusqu’à ce que je ne puisse plus supporter de ne bosser que pour me payer un lit miteux sans pouvoir cuisiner.
La rue m’a vite rappelé à elle.
J’ai continué à bosser (intérim : Ripeur/éboueur, cuisinier, bâtiment…) + la manche.
Je claquais tout en alcool, en drogue, en clope, en transport (je voyageais beaucoup pour me rendre là où il y avait du boulot, une meilleure météo…) Je tenais debout mais, insidieusement, la clochardisation prenait le pouvoir.
Et toujours, je revenais sur Paris. J’y avait mes amis de la rue (la plupart sont morts et me manque terriblement).
13 ans de vie à l’arrache.
L’hiver 2006/2007 a été un déclencheur. L’occupation du Canal St Martin par les Enfants de Don Quichotte, la création de l’association les Enfants du Canal, la main tendue d’une bénévole qui a cru en moi.
Nous sommes en 2012, je ne vie plus à la rue depuis 4 ans maintenant. J’y ai laissé des plumes (santé, galère à retrouver une vie sociale, administrative…)
J’ai un toit, une compagne et depuis peu une petite gamine.
J’ai 40 ans et chaque nouveau jour, je le prends comme un cadeau. Je n’oublie pas mon parcours et celles et ceux que j’ai croisé.
Je n’ai pour seul souhait personnel de vivre au moins encore 20 ans.
Je n’ai comme seul autre souhait (comme disait l’autre gugusse) que "plus personne ne soit obligé de vivre à la rue et d’y mourir" mais cela bien loin des promesses électoralistes.

Une main tendue, ça n’engage rien d’autre qu’un petit geste qui peut, par ricochet, bouleverser toute une vie.

Ervé
"Vivre fou pour mourir sage (Cervantes) - Mon patrimoine est la chimère"
(libre à vous de publier ce témoignage)

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